“Une manière commode de faire la connaissance d’une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt.”
“Ce qui est plus original dans notre ville est la difficulté qu’on peut y trouver à mourir. Difficulté, d’ailleurs, n’est pas le bon mot et il serait plus juste de parler d’inconfort. Ce n’est jamais agréable d’être malade, mais il y a des villes et des pays qui vous soutiennent dans la maladie, où l’on peut, en quelque sorte, se laisser aller. Un malade a besoin de douceur, il aime à s’appuyer sur quelque chose, c’est bien naturel. Mais à Oran, les excès du climat, l’importance des affaires qu’on y traite, l’insignifiance du décor, la rapidité du crépuscule et la qualité des plaisirs, tout demande la bonne santé. Un malade s’y trouve bien seul. Qu’on pense alors à celui qui va mourir, pris au piège derrière des centaines de murs crépitants de chaleur, pendant qu’à la même minute, toute une population, au téléphone ou dans les cafés, parle de traites, de connaissements et d’escompte. On comprendra ce qu’il peut y avoir d’inconfortable dans la mort, même moderne, lorsqu’elle survient ainsi dans un lieu sec.”
“– Tu as bien connu Camps, disait l’un.
– Camps ? Un grand avec une moustache noire ?
– C’est ça. Il était à l’aiguillage.
– Oui, bien sûr.
– Eh bien, il est mort.
– Ah ! et quand donc ?
– Après l’histoire des rats.
– Tiens ! Et qu’est-ce qu’il a eu ?
– Je ne sais pas, la fièvre. Et puis, il n’était pas fort. Il a eu des abcès sous le bras. Il n’a pas résisté.
– Il avait pourtant l’air comme tout le monde.
– Non, il avait la poitrine faible et il faisait de la musique à l’Orphéon. Toujours souffler dans un piston, ça use.
– Ah ! termina le deuxième, quand on est malade, il ne faut pas souffler dans un piston.”
““Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent, et les humanistes en premier lieu, parce qu’ils n’ont pas pris leurs précautions. Nos concitoyens n’étaient pas plus coupables que d’autres, ils oubliaient d’être modestes, voilà tout, et ils pensaient que tout était encore possible pour eux, ce qui supposait que les fléaux étaient impossibles. Ils continuaient de faire des affaires, ils préparaient des voyages et ils avaient des opinions. Comment auraient-ils pensé à la peste qui supprime l’avenir, les déplacements et les discussions ? Ils se croyaient libres et personne ne sera jamais libre tant qu’il y aura des fléaux.”
“D’un côté de la vitre, le ciel frais du printemps, et de l’autre côté le mot qui résonnait encore dans la pièce : la peste. Le mot ne contenait pas seulement ce que la science voulait bien y mettre, mais une longue suite d’images extraordinaires qui ne s’accordaient pas avec cette ville jaune et grise [...]”
“À partir de ce moment, il est possible de dire que la peste fut notre affaire à tous. Jusque-là, malgré la surprise et l’inquiétude que leur avaient apportées ces événements singuliers, chacun de nos concitoyens avait poursuivi ses occupations, comme il l’avait pu, à sa place ordinaire. Et sans doute, cela devait continuer. Mais une fois les portes fermées, ils s’aperçurent qu’ils étaient tous, et le narrateur lui-même, pris dans le même sac et qu’il fallait s’en arranger. C’est ainsi, par exemple, qu’un sentiment aussi individuel que celui de la séparation d’avec un être aimé devint soudain, dès les premières semaines, celui de tout un peuple, et, avec la peur, la souffrance principale de ce long temps d’exil.”
“On peut dire que cette invasion brutale de la maladie eut pour premier effet d’obliger nos concitoyens à agir comme s’ils n’avaient pas de sentiments individuels.”
“il arrive qu’on souffre longtemps sans le savoir.”
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27 March 2020
La Peste
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Sand
28 October 2016
L'inquiétante étrangeté
Un homme était parti d'un village tchèque pour faire fortune. Au bout de vingt-cinq ans, riche, il était revenu avec une femme et un enfant. Sa mère tenait un hôtel avec sa sœur dans son village natal. Pour les surprendre, il avait laissé sa fem- me et son enfant dans un autre établissement, était allé chez sa mère qui ne l'avait pas reconnu quand il était entré. Par plaisanterie, il avait eu l'idée de prendre une chambre. Il avait montré son argent. Dans la nuit, sa mère et sa sœur l'avaient assassiné à coups de marteau pour le voler et avaient jeté son corps dans la rivière. Le matin, la femme était venue, avait révélé sans le savoir l'identité du voyageur. La mère s'était pendue. La sœur s'était jetée dans un puits.
24 October 2016
L’Etranger
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live
21 September 2016
layers
“L’heure du crime ne sonne pas en même temps pour tous les peuples.
Ainsi s’explique la permanence de l’histoire.”
E.M. CIORAN,
Syllogismes de l’amertume.”
Excerpt From: Daoud Kamel. “Meursault, contre-enquête.”
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Weekend Players
24 March 2016
Un homme, ça s'empêche
22 March 2016
Sisyphus
18 March 2016
duel Sartre-Camus
Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres.
Jean-Paul Sartre
Si la vérité devait être de droite, alors je serais de droite.
Albert Camus
si Onfray asta sustine, numiau :(
cris deceptionata
ps. lupta claselor in filosofie, omg!
Jean-Paul Sartre
Si la vérité devait être de droite, alors je serais de droite.
Albert Camus
si Onfray asta sustine, numiau :(
cris deceptionata
ps. lupta claselor in filosofie, omg!
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Michel Onfray
06 September 2015
namaste
My dear,
In the midst of hate, I found there was, within me, an invincible love.In the midst of tears, I found there was, within me, an invincible smile.In the midst of chaos, I found there was, within me, an invincible calm.I realized, through it all, that… In the midst of winter, I found there was, within me, an invincible summer. And that makes me happy. For it says that no matter how hard the world pushes against me, within me, there’s something stronger – something better, pushing right back.
Truly yours,
Albert Camus
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David Sylvian
10 July 2014
run come save me
cata lamentare si cata tristete poate incapea intr-un om, tot atata bucurie si dragoste poate iesi :)
pentru ca un prof de yoga mereu iti va spune ca zambetul interior e cel ce te face sa te ridici din pat dimineata
si tot el te culta spunandu-ti povestea de seara
si daca faci asta zilnic - el apare singur, fara ca sa fie necesara fortarea lui
si pentru ca "— Неужели нет никого, кто бы мне помог по-настоящему?
— Есть, наверно. Прежде всего ты сама." (F. Scott Fitzgerald)
"ты сама" run come save your pretty ass :)
si pentru ca titlul acestei postari e inspirat din clasici, voici :)
ps. si pentru ca nihilistii pot spune si ei chestii mimimi: Life can be magnificent and overwhelming — that is the whole tragedy.
Without beauty, love, or danger it would almost be easy to live. ~Albert Camus
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yoga
04 July 2014
The sadness will last forever
ieri, citind din femeile-poeti, am citit despre Sylvia Plath
toate astea m-au adus cu gandul la imaginea aia cu cel mai frumos suicid din lume, performat de Evelyn McHale

da, asta-i trist dar asta-i, cumva, natural
dupa mine, omul are dreptul sa moara
asta nu-i egoist sau nu da dovada de lasitate
asta-i o alegere, sa te trezesti dimineata, sa mergi la birou, sa bei un ceai sau.. nu
cum zicea prietenul nostru Albert Camus: "Should I kill myself, or have a cup of coffee?"
in final, fiecare decide ce vrea sa faca
dupa mine, chiar daca viata-i tare aiurea uneori, alteori e sweet
deci tre de incercat, mereu :)
dar azi am ajuns iar la concluzia ca tristetea-i vesnica
ea e in porii nostri, se ascunde prin riduri si se inmulteste cu vremea, ca o ciuperca
van Gogh stia ca tristetea-i pare din el, a incercat s-o taie si daca a vazut ca ea tot se inmulteste, a gasit alta solutie
van Gogh era miau, era colorat si pe el tare-l rupea
“The sadness will last forever.” ~Suicide note of Vincent van Gogh (1853-1890)
ps. i'm having a beer today, no killing myself :)
very post scriptum: But in the end one needs more courage to live than to kill himself. ~Albert Camus
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